L'accord multilatéral sur l'investissement ( )
et nos emplois

D'ici l'an 2000, nous pourrions vivre dans un pays où les normes du travail sont perçues comme des obstacles à l'investissement, où des zones de libre-échange passent pour le développement régional signifie et où il serait illégal que le gouvernement exige que les banques centrales investissent dans les communautés locales.

Cela peut sembler exagéré.

Malheureusement, ce n'est pas seulement possible mais la loi suprême du pays pourrait le dicter si l'AMI (Accord multilatéral sur l'investissement) est adopté au Canada.

Qu'est que ?

L'objectif principal de l'AMI est de permettre la circulation de l'argent à travers les frontières internationales en imposant un nouvel ensemble de règlements qui empêchent les pays d'utiliser des lois, des politiques ou des programmes perçus comme un obstacle au libre cours du capital. En d'autres mots, il s'agit d'une constitution pour les plus grandes compagnies qui dominent le monde.

Le libre échange est déjà un avant-goût de ce que l'AMI fera.

Le libre échange n'est rien comparé à l'AMI qui arrive. Demandez au travailleurs canadiens qualifiés qui fabriquaient les patins de hockey Bauer de réputation mondiale.

Avant le libre-échange, les jeunes canadiens qui rêvaient de devenir des vedettes de la LNH patinaient fièrement avec des patins Bauer fabriqués à Cambridge en Ontario. La compagnie multinationale Nike a acheté l'entreprise. Elle s'est emparé de la technologie et, en l'espace de trois ans, a déménagé ses activités en Asie, laissant 400 employés syndiqués sans emploi.

En vertu de l'ALÉNA, le gouvernement fédéral ne pouvait pas empêcher Nike de sortir du Canada. Les règlements de l'AMI lieraient encore plus les mains d'Ottawa. Il ne serait plus possible d'exiger que Nike adopte certaines mesures et conditions pour protéger le produit de Bauer, ainsi que les emplois des travailleurs. Qui plus est, Ottawa ne pourrait même plus demander qu'une proportion des profits reste ici plutôt que d'être siphonnée vers le siège principal de Nike aux États-Unis. Il serait impossible d'arrêter le transfert de technologie à l'extérieur du pays.

L'AMI prend doucement forme et doit être approuvé à une réunion des pays de l'OCDE (incluant le Canada) en mai 1998. Après cela, l'accord doit être ratifié par les législatures nationales de chaque pays.

Voici ce qui pourrait arriver aux travailleurs canadiens et à leurs emplois une fois que les multinationales assumeront les droits qui leur sont accordés en vertu de l'AMI.

L'AMI empêcherait notre pays de développer tout plan national de développement de l'emploi. L'AMI permettrait aux compagnies étrangères d'avoir accès à nos ressources sans devoir créer un nombre donné d'emplois.
L'AMI nous contraindrait à offrir des subventions et des mesures incitatives aux compagnies étrangères, et non seulement aux entreprises d'ici. L'AMI empêcherait le gouvernement de jouer un rôle direct dans l'élaboration d'une stratégie de plein emploi.
L'AMI permettrait aux compagnies étrangères d'avoir accès aux programmes gouvernementaux restants de création d'emplois au même titre que les compagnies canadiennes. L'AMI donnerait aux compagnies étrangères les outils pour contester les lois provinciales du travail à titre d'obstacles à l'investissement.
L'AMI permettrait aux compagnies étrangères de contester les lois sur le salaire minimum. L'AMI nous empêcherait d'obliger les banques à investir une part de leurs profits dans les communautés locales et plus particulièrement dans les régions défavorisées au plan économique.
L'AMI permettrait aux compagnies étrangères de mettre en place des «zones de libre-échange» à titre de forme acceptable de développement régional.

Face à cette menace à notre mode de vie, les Canadiens et Canadiennes se demandent comment empêcher l'AMI d'être adopté au Canada.

Voici ce que vous pouvez faire.

Parlez à vos élus fédéraux, provinciaux et locaux. Demandez leur ce qu'ils savent au sujet de l'AMI et ce qu'ils songent à faire.
Impliquez vous dans votre syndicat ou votre association. Renseignez-vous au sujet de ce qui se passe dans votre milieu de travail.
Écrivez une lettre à votre journal local.
Participez à la campagne.


Appelez 1 800 387-7177


904-251 avenue Laurier ouest, Ottawa, Ontario, K1P 5J6