Droits humains

Contexte

Depuis trois générations, les conventions et déclarations internationales ont dressé une définition de plus en plus précise de ce que constituent les droits humains. La première génération a vu la reconnaissance des droits civils et politiques, la seconde l'apparition des droits sociaux et culturels et la troisième, l'émergence des droits des peuples et des collectivités.

Pendant ce temps, l'intégration économique s'étendait rapidement à l'échelle planétaire et continentale sans aucune considération pour les droits fondamentaux, plus particulièrement les droits économiques, sociaux et environnementaux et les droits associés aux peuples et communautés autochtones. De fait, la récente vague d'accords de libre-échange ou d'ententes de nature commerciale ont démontré, au Nord comme au Sud, que l'intégration économique a des effets néfastes sur de nombreux secteurs de la société, mettant en péril l'ensemble des droits humains.

L'approche «néolibérale» en matière de libre-échange et d'intégration économique entérine les droits de l'entreprise, les droits anciens comme les nouveaux. Si on trouve parfois de vagues allusions aux droits des travailleurs, pratiquement jamais ne fait-on mention des droits sociaux de tout autre groupe de la population. Pis encore, aucun lien n'a encore été établi entre ces deux catégories de droits. Par le passé, il est arrivé que la question des droits humains, y compris l'égalité hommes-femmes, soit incorporée dans certains accords régionaux et internationaux. Aujourd'hui, ces droits sont la cible d'un déluge de critiques visant à démontrer que ceux-ci ne constituent rien de plus qu'un obstacle à la liberté de commerce. Cette stratégie vise exclusivement à encourager la croissance économique aux dépens du mieux-être économique et social de vastes secteurs de la population.

L'approche des gouvernements tend à s'uniformiser, souvent en laissant de côté les engagements qu'ils ont pris en matière de droits humains ou en les dissociant des questions économiques. Dans certains cas extrêmes, certains gouvernements sont allés jusqu'à demander l'exclusion des droits collectifs, sociaux et syndicaux des protections constitutionnelles. Il arrive fréquemment que les négociations sur le libre-échange viennent amender les pactes sociaux du pays en faisant porter aux partenaires sociaux les plus faibles tout le poids des concessions faites aux entreprises multinationales. De telles stratégies ont mis en péril les droits sociaux et fondamentaux, en plus d'entraîner l'érosion des protections existantes et l'affaiblissement des mécanismes d'exécution aux plans national et international.

Face à un processus de mondialisation qui marginalise des pans entiers de la population, trois arguments fondamentaux doivent être pris en compte : 1) La démocratie est étroitement liée aux droits humains. Les États et les autorités ne peuvent être considérés comme légitimes s'ils n'appliquent pas, ne favorisent pas et ne garantissent pas ces droits fondamentaux, au sens large du terme. 2) Sans justice, aucun gouvernement ne peut asseoir sa capacité de gouverner. 3) Les droits humains ne doivent en aucun cas être sacrifiés au nom d'un modèle de développement qui porte atteinte à la dignité humaine.

Les nations des Amériques doivent établir un programme commun en matière de droits humains devant faire partie de tous les accords économiques, financiers et commerciaux ratifiés sur le continent, sans oublier les mécanismes et les institutions qui seront habilitées à le mettre en œuvre et à en garantir l'exécution.

 

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Objectifs spécifiques

Environnement