Immigration
Contexte
Les mouvements migratoires internationaux se sont multipliés au cours des dernières décennies, poussés par le processus de mondialisation. On compte aujourd'hui 125 millions d'immigrants (des gens qui se sont établis dans un autre pays) dans le monde, dont 80 millions sont considérés des immigrants «récents». L'augmentation des populations immigrées, hommes, femmes et enfants, a des répercussions profondes sur les pays qu'elles quittent de même que sur les pays qui les reçoivent. Cependant, malgré les demandes répétées de nombreuses organisations non gouvernementales, les responsables refusent toujours de traiter de cette question dans le cadre des négociations sur les accords de libéralisation des échanges et des investissements. Ces accords ne veulent traiter que de la libre circulation des capitaux, des biens et de leurs agents, et exclure la mobilité des travailleurs et des travailleuses.
Plusieurs forces poussent les gens à émigrer. Après la violence politique, la seconde raison invoquée est le problème du chômage. L'immigration n'affecte pas que les personnes immigrantes. Elle a des conséquences importantes sur les relations économiques et sociales entre les pays concernés. Il convient donc de s'entendre sur des règles internationales touchant non seulement les droits humains et syndicaux des personnes migrantes, mais aussi sur la régulation des flux de main-d'œuvre.
L'immigration a des répercussions complexes. Les nations en voie de développement sont devenues des exportateurs de main-d'œuvre, laquelle s'expose souvent à l'exploitation. Certaines entreprises profitent pleinement de cette situation, qui permet de réduire les salaires de certains postes d'emploi dans les pays hôtes. Parallèlement, l'argent expédié par les travailleuses et travailleurs immigrants vers les membres de leur famille restés dans le pays natal joue un rôle non négligeable dans l'amélioration de la balance des paiements dans les pays en voie de développement et dans l'atténuation des problèmes sociaux et de l'extrême pauvreté.
L'Organisation internationale pour les migrations évalue à près de 67 milliards $US les sommes que quelque 30 millions de personnes migrantes retournent chaque année à leur pays d'origine. Plusieurs études ont démontré que de l'envoi de fonds semblables constitue la seconde source de devises étrangères en importance dans le monde, après le pétrole. De fait, pour plusieurs pays des Amériques (comme le El Salvador), les envois d'argent représentent la principale source de devises étrangères. Au Mexique, malgré une économie axée sur l'exportation et une industrie des maquiladoras bien développée, les sommes envoyées par des travailleuses et des travailleurs de l'extérieur du pays demeurent la quatrième source en importance de devises étrangères. Ceci explique le peu d'intérêt manifesté par le Mexique dans la régulation des flux de main-d'œuvre.
Les États-Unis, le pays qui compte le plus grand nombre de travailleurs et travailleuses migrants, a durci et dans une large mesure militarisé sa politique d'immigration. Le pays a également fait pression sur d'autres pays comme le Mexique pour qu'il endigue le flot de ressortissants de l'Amérique centrale et des Caraïbes qui transite par ses frontières. Par ailleurs, les autres frontières du continent ne sont pas plus imperméables à ce genre de problèmes liés au flot de main-d'œuvre migrante.
Dans l'avenir, les ententes sur le commerce et l'investissement devront aborder les préoccupations en matière de droits humains (au sens large, comme l'aborde le chapitre sur les droits humains) pour ce qui touche l'immigration et la régulation des flux transfrontaliers de main-d'œuvre.
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