Non à la guerre de Harper!
L’occupation de l’Afghanistan est devenue
le « VietNam » du Canada. Un plus grand nombre de troupes
canadiennes a déjà été tué en 2006
qu’au cour des premiers quatre ans du conflit. En fait, le taux de
mortalité des canadiens en Afghanistan est même plus
élevé proportionnellement que celui des soldats
américains en Irak.
Et maintenant les morts de soldats britanniques
s’ajoutent à ce nombre croissant, depuis que le Royaume-Uni a
envoyé un nouveau déploiement de troupes cette année.
Le Parlement italien, tout comme celui du Canada, vient d’approuver
le prolongement de leur déploiement [voir à la page 5]. Bush
vient d’atteindre le but qu’il nourrissait dès le
début de la soi-disant « guerre contre le terrorisme » :
que les Etats-Unis s’occupent de l’Irak tandis que le reste du
monde s’occupe de l’Afghanistan. Bush a donc eu sa coalition
internationale par la porte arrière.
Mais au Canada et au Québec, cette escalade
commence à connaître une opposition importante. Le premier
déserteur des forces canadiennes en Afghanistan, un jeune homme qui
habite la ville de Victoria en Colombie Britannique, Paco Juarez, a rendu
son opposition à la guerre publique. Ce premier refus risque de
prendre de l’ampleur bientôt, en vue du fait que
l’été prochaine, ce sera le 22me régiment qui
prendra la relève des forces canadiennes à Kandahar, un
régiment entièrement francophone provenant principalement du
Québec, où l’appui pour le retrait immédiat des
troupes demeure à 70%.
Et encore plus important, la première
journée d’action pancanadienne pour demander le retrait des
troupes canadiennes de l’Afghanistan aura lieu le 28 octobre. Cette
journée de manifestations de masse a été
appelée conjointement par un rassemblement historique
d’organisations : Le Congrès du travail du Canada,
l’Alliance canadienne pour la paix, Echec à la guerre, le
Congrès Islamique du Canada, la Fédération
Arabo-canadienne, avec l’appui du Conseil musulman de
Montréal, et plusieurs églises.
Les manifestations contre le bombardement du Liban,
surtout les plus de 30,000 qui ont manifesté à travers le
Canada et le Québec le 22 juillet, et encore le 6 août, ont
ranimé le mouvement anti-guerre [voir à la page 9]. Ces
manifs ont ciblé avec raison Stephen Harper pour son jugement que la
réposte d’Israël était « mesurée
». En fait, la guerre contre le Liban n’a pas été
conçue à Tel Aviv mais à Washington, et ne peut
être dissocié des intérêts occidentaux en Irak,
en Afghanistan, et en Iran. Le 28 octobre, il faudra canaliser la
colère suscitée par les actions d’Israël vers le
gouvernement Harper, en mobilisant les communautés libanaises et
palestiniennes pour rejoindre la masse grandissante des manifestantEs
qu’il est possible de mobiliser contre l’occupation de
l’Afghanistan.
Le talon d’Achille de Harper, c’est
toujours l’Afghanistan, comme l’avait dit Chantal Hébert
dans le Globe and Mail. Mais c’est au mouvement anti-guerre de percer
son armure avec les flèches de milliers de manifestantEs le 28
octobre. Nous sommes capables de forcer le retrait des troupes, tout comme
on a réussi à empêcher la participation canadienne en
Irak. Mais comme en 2003, cela prendra des milliers de voix
s’opposant à la guerre dans la rue.