Résistance no  36  septembre 2006  www.socialiste.qc.ca

Non à la guerre de Harper!
L’occupation de l’Afghanistan est devenue le « VietNam » du Canada. Un plus grand nombre de troupes canadiennes a déjà été tué en 2006 qu’au cour des premiers quatre ans du conflit. En fait, le taux de mortalité des canadiens en Afghanistan est même plus élevé proportionnellement que celui des soldats américains en Irak.
Et maintenant les morts de soldats britanniques s’ajoutent à ce nombre croissant, depuis que le Royaume-Uni a envoyé un nouveau déploiement de troupes cette année. Le Parlement italien, tout comme celui du Canada, vient d’approuver le prolongement de leur déploiement [voir à la page 5]. Bush vient d’atteindre le but qu’il nourrissait dès le début de la soi-disant « guerre contre le terrorisme » : que les Etats-Unis s’occupent de l’Irak tandis que le reste du monde s’occupe de l’Afghanistan. Bush a donc eu sa coalition internationale par la porte arrière.
Mais au Canada et au Québec, cette escalade commence à connaître une opposition importante. Le premier déserteur des forces canadiennes en Afghanistan, un jeune homme qui habite la ville de Victoria en Colombie Britannique, Paco Juarez, a rendu son opposition à la guerre publique. Ce premier refus risque de prendre de l’ampleur bientôt, en vue du fait que l’été prochaine, ce sera le 22me régiment qui prendra la relève des forces canadiennes à Kandahar, un régiment entièrement francophone provenant principalement du Québec, où l’appui pour le retrait immédiat des troupes demeure à 70%.
Et encore plus important, la première journée d’action pancanadienne pour demander le retrait des troupes canadiennes de l’Afghanistan aura lieu le 28 octobre. Cette journée de manifestations de masse a été appelée conjointement par un rassemblement historique d’organisations : Le Congrès du travail du Canada, l’Alliance canadienne pour la paix, Echec à la guerre, le Congrès Islamique du Canada, la Fédération Arabo-canadienne, avec l’appui du Conseil musulman de Montréal, et plusieurs églises.
Les manifestations contre le bombardement du Liban, surtout les plus de 30,000 qui ont manifesté à travers le Canada et le Québec le 22 juillet, et encore le 6 août, ont ranimé le mouvement anti-guerre [voir à la page 9]. Ces manifs ont ciblé avec raison Stephen Harper pour son jugement que la réposte d’Israël était « mesurée ». En fait, la guerre contre le Liban n’a pas été conçue à Tel Aviv mais à Washington, et ne peut être dissocié des intérêts occidentaux en Irak, en Afghanistan, et en Iran. Le 28 octobre, il faudra canaliser la colère suscitée par les actions d’Israël vers le gouvernement Harper, en mobilisant les communautés libanaises et palestiniennes pour rejoindre la masse grandissante des manifestantEs qu’il est possible de mobiliser contre l’occupation de l’Afghanistan.
Le talon d’Achille de Harper, c’est toujours l’Afghanistan, comme l’avait dit Chantal Hébert dans le Globe and Mail. Mais c’est au mouvement anti-guerre de percer son armure avec les flèches de milliers de manifestantEs le 28 octobre. Nous sommes capables de forcer le retrait des troupes, tout comme on a réussi à empêcher la participation canadienne en Irak. Mais comme en 2003, cela prendra des milliers de voix s’opposant à la guerre dans la rue.
Résistance no  36  septembre 2006  www.socialiste.qc.ca