Résistance 28, juin 2005
www.socialiste.qc.caLa collaboration québécoise aux guerres impérialistes
Avec loccupation de lIrak qui perdure depuis plus de deux ans, SNC-TEC filiale de SNC-Lavalin affiche des profits record. Il est à noter que presque toutes les munitions de petits calibres tirées par les armées doccupation sur des irakiennes et des irakiens ont été produites et vendues par SNC-TEC. Ce nest pas la première fois que cette machine de guerre teste ses armes sur le territoire québécois et dailleurs sa compagnie mère, SNC-Lavalin, a fait et continue de faire des affaires dor avec le gouvernement Québécois.
Depuis le mois de juin 2000, SNC-TEC était à la recherche dun nouveau site pour pouvoir effectuer des essais balistiques dobus militaire. Car avec les années, SNC-TEC a développé des armes conventionnelles de plus en plus puissantes et ils sont maintenant rendus à la limite utilisable des sites dessais quils détiennent déjà au Québec et ailleurs au Canada. Le Lac St-Pierre, situé dans la région de la Mauricie, a déjà fait les frais de cette compagnie darmement qui y a effectué des tests balistiques dans les années 1950. En 2001, on estimait le nombre dobus présent dans le fond du lac à 500 000, dont un nombre indéterminé étaient encore amorcés ! En 2005, le travail pour vider le lac de ces obus na même pas débuté et il arrive encore que des riverainEs découvrent de ces bombes le long des rives. Même après cette catastrophe, un projet similaire pourrait bien voir le jour bientôt.
Donc, après avoir identifié sept sites potentiels, un en Ontario, un au Nouveau-Brunswick et cinq au Québec, SNC-TEC a retenue le site situé au sud-ouest de Chapais, une petite municipalité au sud de la Baie James. Le site choisi sétend sur 400 Km2 et compte 158 espèces vivantes répertoriées, dont 10 sont en voie dextinction. De plus, ce territoire est utilisé périodiquement par la communauté Crie qui y pratique la chasse et la pêche. La déforestation complète dune majeure partie du site choisi serait nécessaire selon SNC-TEC, mais toujours selon ces derniers, les impacts environnementaux de ce projet ne seront que mineurs.
Le projet proposé par SNC-TEC a débouché sur un comité bipartite, le COMEX, comprenant le Ministère de lenvironnement du Québec ainsi que les membres signataires de la Convention de la Baie James. Ce comité avait pour mandat de déterminer les conséquences reliées à laménagement dun site dessaie balistique, autant sur le plan environnemental que sur le plan social. Cest pourquoi SNC-TEC a préparé un document expliquant très explicitement leur projet pour ce petit coin de forêt. SNC-TEC prévoit y tester des munitions allant de petits calibres jusquaux munition de 155 mm dartillerie. Les essais balistiques dune durée de cinq jours auraient lieu deux fois par mois. Des tirs dobus allant jusquà 35 Km pourrait être effectués sur ce futur site. Selon les groupes qui luttent contre ce projet, SNC-TEC prévoirait tirer plus de 1 500 000 munitions par années sur ce nouveau site dessais.
Quelques groupes sont déjà mobilisés contre ce projet et se font malmener par la sous-ministre de lEnvironnement, qui après avoir constater que les consultations publiques organisées par le COMEX accueillaient beaucoup plus de ´ contre ª que de ´ pour ª, a décidé de donner un délais supplémentaire à SNC-TEC pour convaincre la population du bienfait de leur projet militaire. Dailleurs, ces derniers ont même avoués avoir donné diverses sommes dargent à des trappeurs pour quils appuient le projet. Une décision devrait tomber bientôt dans ce dossier, même si le ministre de lEnvironnement du Québec a nié connaître lexistence de ce dossier lors dune consultation publique qui sest tenue à Gatineau sur le plan de ´ développement durable ª proposé par le gouvernement.
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David Clément
Résistance 28, juin 2005
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